Canal du Midi Étape 9 : de Poilhes jusqu’à Béziers à pied

unnel vegetal chemin de halage beziers

Aujourd’hui, petite étape en terme de distance car je passe sur deux sites importants, que je compte bien visiter en long, en large et en travers : l’oppidum d’Ensérune, et le fameux tunnel du Malpas.

Je me réveille dans le petit hameau du Viala. Mes hôtes ont également une journée chargée devant eux, aussi je décide de partir de bonne heure. Un peu plus de 2 kilomètres de marche et me revoilà au bord du canal du Midi, à Poilhes, au point kilométrique 194.

 

 

Je flâne dans le village en attendant l’ouverture de l’épicerie dans laquelle je compte faire quelques emplettes pour le midi, et bien sûr, vous le savez maintenant, dans l’espoir de boire un CAFÉ.

Le canal passe en plein cœur du village. Les péniches sont stationnées en file indienne le long d’un tout petit port, au-dessus duquel passe le pont principal, duquel on peut apercevoir un ancien lavoir. Encore en activité il n’y a pas si longtemps, il est le témoin d’une époque où les femmes courbaient l’échine et frottaient des heures durant pour obtenir un linge plus blanc que blanc. Vive la machine à laver !

Je me pose sur un banc à côté de l’épicerie. Un chat bavard vient me tenir compagnie. Ça tombe bien, parce que je n’en mène pas large ce matin : je ne sais toujours pas où dormir ce soir, et l’idée de passer la nuit à la belle étoile sans même un sac de couchage ne me ravie pas. 

Une demi-heure de câlins plus tard, le rideau de l’épicerie se lève. Vite, un double café ! J’achète du pain, du fromage, une tomate et un brugnon : me voilà fin équipée pour la randonnée du jour. 

Je dépasse l’Auberge de Poilhes. Niché sur la façade, au-dessous de la plaque « Licence IV », un petit bonhomme ouvre la bouche et semble crier sur les passants. 

À partir de là, le chemin de halage n’est plus accessible, et je dois longer la route qui sort du village. L’occasion de prendre un peu de hauteur, et de découvrir le panorama sur la campagne environnante.

Non loin, je suis censée tomber sur l’aqueduc de Thou (dit aussi d’Eltou), du nom du ruisseau qu’il enjambe. Je ne le vois pas. Il faut dire que le peu d’attention dont je puisse faire preuve sans ma dose normale de caféine (3 cafés) vient d’être détourné par un drôle d’engin des V.N.F. répondant au doux nom de La Goulue. Si la danseuse du même nom était connue pour soulever frous-frous et dentelles dans des cancans endiablés, La Goulue des Voies Navigables de France est quant à elle une spécialiste de la drague. Ou du dragage, pour être plus juste. 

Les deux sucettes rouges sur les côtés du bateau sont des flotteurs qui permettent de stabiliser l’embarcation. La Goulue drague alors le fond de la voie d’eau, c’est-à-dire qu’elle aspire la vase et la rejète sur les berges. Car la vase du canal constitue un ferment qui enrichit la terre ; elle est régulièrement épandue sur les zones agricoles.

Et en suivant le chemin de halage, je tombe sur le tronc d’un platane abattu, qui présente une énorme cavité, probablement due au chancre coloré.

Il est tôt mais j’avance, comme souvent, sous un soleil déjà éclatant. J’ai une chance terrible côté météo ! Quant aux paysages, ils sont par ici assez très variés, et je suis contente que le canal serpente à nouveau d’une courbe à une autre, car je suis un peu lasse de ses grandes lignes droites. 

Deux bâtisses font leur apparition au bord du chemin. Je me trouve à peu près au point kilométrique 196. À gauche (côté chemin de halage), Régimont-le-Haut, à droite, Régimont-le-Bas. Au milieu, le pont de Régimont, qui fait partie de la deuxième génération de pont bâtis sur le canal, 

Le pont a été construit au début du XVIIIe siècle. L’ajout d’une banquette pour le halage ayant rétréci le passage, des travaux s’imposaient. On l’a donc reconstruit en 1828… avec des pierres de taille provenant de la démolition de Notre-Dame à Béziers (les culées notamment : sur l’une d’entre elles, la date de 1828 a été gravée). Ah, le recyclage de pierre, une vieille tradition dans notre région où les matériaux de construction se faisaient rares !

Des deux côtés du pont, des barres métalliques ont justement été installées pour protéger la pierre des marques laissées par les cordes de halage. 

À l’origine, le pont desservait la métairie de Régimont, appartenant à une abbaye locale, devenue ensuite le domaine viticole de Régismont-le-Haut, qui abrite aujourd’hui l‘Académie internationale de musique française de Michel Plasson. Le chef d’orchestre y accueille chanteurs et instrumentistes du monde entier pour travailler avec eux les répertoires français des XIXe et XXe siècles.

Mais l’occupation de ce terrain est bien plus ancienne. Au Ve siècle s’y trouvait l’église Saint-Loup, fondée en 450 par le prêtre Othia et dédiée aux saints Vincent, Agnès et Eulalie. Au XVe siècle, ce n’était plus qu’une chapelle rurale. Elle a été finalement démolie en 1821 pour la construction d’une cave. Une cippe (petite colonne servant de stèle funéraire) et une statue ont été découvertes sur place .

De nombreuses péniches sont à quai le long de ce hameau paisible, dont certaines, réservées à l’accueil des touristes de luxe, sont de véritables hôtels flottants.

Les alentours devaient être charmants avant l’abattage des platanes. Pour l’heure, la vue est dégagée, et il faudra un paquet d’années avant que les arbrisseaux de micocouliers et les jeunes chênes apportent aux promeneurs un peu d’ombre. Il est donc grand temps de me tartiner de crème solaire.

Je marche maintenant sur le territoire de Nissan-lez-Enserune. Et je tombe encore une fois sur ouvrage que-je-ne-comprends-pas-à-quoi-ça-sert. Et bien évidemment – vous qui me lisez depuis le début, vous le savez – cela m’agace au plus haut point.

Mais pas le temps de traîner ! Je presse le pas jusqu’au site dont je parlais plus haut, le tunnel du Malpas, premier tunnel fluvial au monde (1679). Il est long de 165 mètres, et très peu large (6 mètres). Du coup, on y navigue en sens unique. L’entrée du tunnel se trouve sur la rive opposée au chemin de halage : je contourne donc le canal en suivant un chemin caladé, menant en haut de la butte. 

Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire du lieu, ni l’ensemble des galères que connut Riquet pour creuser le tunnel, mais sachez que ça n’a pas été une mince affaire. Sur ces (magnifiques) clichés (qui défient les lois de la photographie), on peut apercevoir une série d’arcades et une sorte de rampe (si quelqu’un a des infos sur ces éléments, je suis preneuse). Une série d’escaliers bien raides permet de rejoindre un marchepied qui traverse le tunnel, seul passage pour les piétons. 

J’ai souvent lu que le tunnel de Malpas, ou «mauvais passage», tenait sa dénomination des mésaventures de Riquet et de son entêtement à vouloir percer une butte… Que nenni ! Le tunnel a tout simplement pris le nom du col de Malpas, appelé ainsi car les alentours étaient un peu craignos ! Plusieurs ouvrages parlent de voyageurs dépouillés en pleine nuit dans cet endroit isolé où se planquaient les brigands…

En bas des marches, je découvre l’étroit marchepied aménagé pour les chevaux de halage et les personnes qui tiraient sur les cordes des barques. Ça ne devait pas être facile de s’engouffrer là-dedans, avec des bêtes probablement affolées.

Au premier coup d’œil, je me dis que les ouvriers ont creusé le tunnel en laissant de sacrées marques. Et non ! Ce sont les vents qui ont redessiné les parois tunnel, directement taillées dans la pierre de tuf, brute et sablonneuse. 

La sortie du tunnel est un peu plus classieuse, avec son arche composée de pierres de taille. Je longe l’étroit chemin de halage, et commence à grimper vers l’oppidum d’Ensérune. 

Pas âme qui vive sous le soleil écrasant. Je me prends pour une aventurière, perdue dans la pampa, ou pour un de ces personnages de western, qui déboulent dans une petite ville déserte. Difficile d’imaginer que ce promontoire a été occupé pendant cinq siècles (du VIe siècle avant notre ère jusqu’au Ier siècle de notre ère). Mais c’est aussi le but de l’oppidum : la butte fait office de protection naturelle, pouvant servir de refuge discret en cas d’invasion, et mettre en œuvre, au besoin, une organisation défensive.

À mi-parcours, j’aperçois dans un champ de drôles de cercles, qui rajoutent à l’ambiance UFO/surréaliste, et que je prends pour d’anciens puits. Ce sont en fait des dolias, des jarres à provision encastrées dans le sol. Leur taille ne semble pas surprenante en surface,  mais un éboulis le long de la route permet d’apprécier leurs dimensions exceptionnelles.

Ici, les habitations étaient alignées le long d’un rempart, avec vue sur la vallée. Quelques vestiges situés hors du site sont visibles le long du chemin, mais je ne sais de quelle époque ils datent. Je n’en saurais pas plus car je dois zapper le musée, qui conserve notamment des œuvres trouvées sur l’ancienne Via Domitia, dans une vingtaine de villas romaines. Pour l’heure, je commence sérieusement à m’inquiéter pour mon logement du soir, et les seuls hôtels m’ayant répondu me proposent des chambres hors de prix. 

Je profite tout de même (et assez longuement) de l’incroyable panorama sur l’étang asséché de Montady, partagé en parcelles agricoles parfaitement géométriques. Là-bas se trouvait donc un marais, connu pour ses eaux saumâtres, sources d’épidémies. En 1272, il est asséché, et découpé en parcelles agricoles cunéiformes (mot du jour).

Mais ce n’est pas tout ! Ce camembert géant (420 hectares) est le fruit d’une véritable prouesse technique pour l’époque (Moyen Âge), digne des plus grands ingénieurs hydrauliques. En effet, 10 fossés/tunnels, dont trois maïres, convergent vers le centre de la cuvette naturelle, où se trouve un fossé circulaire appelé redondel.

Ce dernier fait office de drain à ciel ouvert : il collecte les eaux des parcelles, qui sont ensuite redistribuées par le Grand Maïre, un aqueduc souterrain passant par la galerie du Malpas, puis rejetées au-delà de la colline d’Ensérune dans le ruisseau de Montady, qui rejoint plus loin l’étang de Poilhes. Depuis son origine, l’entretien du système (10 km de canalisations) a été confié aux exploitant des parcelles. C’est toujours le cas aujourd’hui.

Avant de reprendre la route, je me paye un deuxième passage via le tunnel de Malpas.  Faisons ici une pause pour expliquer ce qu’on ne voit pas sur la photo, c’est-à-dire une quatre-voies : trois tunnels et une ancienne voie romaine, tous d’époques très différentes, se croisent ici. En haut de la butte, la Via Domitia datant de 118 avant notre ère. En dessous, à -10 mètres, le tunnel du canal du Midi, creusé entre 1667 et 1681. Encore en dessous, le tunnel ferroviaire, à -20 mètres. Il date de 1856. Et à -30 mètres, le Grand Maïre, creusé entre 1250 et 1270. C’est fou !

J’emprunte un petit chemin qui prolonge la sortie du tunnel, ravie de changer de berge et de marcher de l’autre côté du canal, car ça n’est pas arrivé depuis longtemps. Non loin, je tombe sur un petit graff, détournement insolite d’une devise de la Révolution (et d’un titre des Bérurier Noir).

Le sentier donne plus loin sur un large chemin de halage. Quelques arbres me protègent brièvement du soleil éclatant, puis je suis à nouveau en mode cuisson. Encore deux kilomètres avant la pause, le remplissage des gourdes (je n’ai déjà plus d’eau) et, je l’espère, un peu d’ombre. Aussi, je ne suis pas mécontente d’apercevoir le pont de Colomiers, et d’atteindre le cap des 200 km de marche le long du canal !

Autre commune traversée par la Via Domitia, le village de Colombiers s’est créé lorsque les habitants de la colline d’Ensérune se sont installés dans la plaine. À côté du pont chevauchant le canal (1682), j’aperçois la tour du château. Le lieu qui abrite une ancienne cave viticole transformée en espace d’exposition.

À l’entrée du pont, je remarque une jolie bâtisse rose, probablement liée à l’ancienne activité du canal du Midi. Sous sa toiture, on peut voir deux rangs de génoises, ornement architectural que l’on retrouve souvent sur les maisons éclusières. Après vérification, il s’agit de l’ancienne maison de la barque de poste, le service fluvial qui transportait les voyageurs sur le canal.

Des encoches visibles dans la pierre, juste avant le pont, laissent penser que se tenait là une écluse à batardeaux. De l’autre côté du pont en dos d’âne, un ancien lavoir a été conservé. Tous ces éléments donnent un air charmant aux environs, très «carte postale»… 

… Et bim ! Quelques mètres plus loin, je me prends un changement d’époque en pleine face. Sous le soleil de midi, je découvre un port super moderne, une marina-Disneyland de la plaisance. Impossible de trouver un point d’eau potable, et les sanitaires du port sont fermés à clef. Un premier resto refuse que je m’installe pour boire un café (ah, l’effet poussière, short en jean et sac-à-dos) le second, bien plus sympa, accepte. Et la patronne me propose même de remplir mes gourdes. 

En face des quais, je repère une petite île au centre du bassin, seul endroit où je puisse pique-niquer à l’ombre, et un peu en retrait.

Après cette courte pause, j’ébranle ma grande carcasse fatiguée, me remets en marche, et laisse derrière moi ce curieux mélange d’édifices anciens et de constructions en béton. Vite, que je quitte la civilisation !

Je voudrais arriver à Béziers tôt dans l’après-midi, vu que je n’ai toujours pas de logement pour le soir… Je laisse un message à un énième hôtel, sans trop y croire…

Je râle un peu, pas longtemps, car l’odeur de la garrigue vient me chatouiller les narines, notamment le parfum du fenouil sauvage… Je me laisse happer par les camaïeux de verts de la vigne, d’où s’échappent parfois quelques Azurites (chardons bleus)… et des bornes dominiales en pierre de basalte !

Je cuis déjà, et bien sûr, les arbres me narguent depuis la berge d’en face, comme toujours ! Même les bornes en basalte sont passées de l’autre côté ! 

Le canal esquisse enfin une courbe, ça change un peu. Je quitte le chemin de halage, creusé en un étroit sillon par les roues des vélos (je commence à avoir les pieds abîmés à force de marcher dans cet entonnoir), et rejoins la petite route technique des V.N.F., qui passe juste au-dessus. 

Youpi, un hôtel me rappelle enfin pour me proposer une chambrette et, au bout de quelques négociations, mon interlocuteur me propose un prix convenable pour la nuitée ! C’est un grand soulagement ! 

Cool ! Je commence à me détendre un peu. J’apprécie ces kilomètres dans la campagne, au cœur du vignoble biterrois, à contempler les paysages (et à essayer de repérer toutes les bornes dominiales, ça devient une obsession). 

Me voilà au point kilométrique 204, précisément là où a été construit le petit pont de la Gourgasse (1704), qui paraît presque frêle comparé aux précédents, plus massifs. Au centre de l’arche, une cartouche censée porter le nom de son constructeur, Jean Lafon (mais même en zoomant sur la photo, on n’y voit plus rien). 

Le pont est resté dans son jus (comme celui d’Argeliers, dont il est contemporain), même si son bajoyer a été bétonné pour permettre au chemin de halage de passer sous l’arche via la banquette.

Après le pont, nouveau changement de perspective : je longe à présent des buttes de terre rocailleuse… De près, on dirait du gypse. 

Le chemin se rétrécie et des bambous bloquent la vue sur le canal du Midi.

En fait, je viens de pénétrer sous une incroyable voûte végétale… Je passe plusieurs minutes à m’enthousiasmer grave pour cet incident dans la monotonie du décor (la marche, ça rend les gens un peu timbrés). 

Je dépasse une vieille bâtisse avant d’entrer dans la «banlieue» de Béziers, puis un pont moderne sur lequel le trafic est assez dense. La civilisation est proche. 

Plus loin, le chant des oiseaux est remplacé par le vrombissement des machines électriques. Un port de radoub a été improvisé pour la réparation d’une péniche. Les péniches-habitation font d’ailleurs leur retour dans le secteur.

Je commence à deviner la cité, au loin. Tout à coup, je me retrouve en face d’une série de barrières qui barrent totalement l’accès au chemin de halage. Je dois quitter le canal du Midi. Je longe une route en me demandant comment je vais récupérer ma trajectoire.

Je galère pour trouver le chemin des écluses de Fonserannes (PK 206), mal indiqué. À ma grande déception, là aussi l’accès est fermé. Les écluses sont en travaux, totalement inaccessibles.

Un peu dépitée, j’explore le secteur des anciens chais, laissé à l’abandon, au niveau du port de Notre Dame. Mon regard plonge dans les couleurs désuètes, stigmates du temps… Mais on peut deviner les splendeurs passées des bâtisses à leur architecture et aux ornements encore visibles : encadrements des portes et fenêtres en pierres de taille, génoises…

Difficile aujourd’hui d’imaginer l’animation qui régnait ici à l’âge d’or du fret fluvial. Quelques enseignes cependant rappellent cette activité : l’entrée de l’ancien Service Vicinal, probablement un lieu de paiement des taxes, et plus loin celle de la compagnie commerciale et industrielle de concentration des moûts (hips !)…

… Ou encore l’ancienne Glacière de Béziers, et son service de livraison de glaçons pour l’apéritif (re-hips !). À l’époque, les quais étaient chargés de tonneaux, comme je l’ai vu sur une vieille carte postale

Au bout du port, situé le long un bras désaffecté du canal, l’ancienne écluse de Notre-Dame, à l’abandon, a perdu une porte.

Tout au bout de cette allée, je devine un pont rail sur ma gauche : c’est le viaduc de l’Orb.

Après le pont-rail, pour les trains, le pont d’Occitanie, pour les voitures (photo de gauche), voici le pont-canal de l’Orb (ou pont-canal de Béziers), sur lequel passe le canal du Midi, et par lequel circulent les passagers flottant, pédalant et marchant !

Le pont-canal, l’un des plus grands de France, a été mis en service en 1858 pour éviter aux bateaux la traversée dangereuse de l’Orb, un fleuve impétueux. 

Me voilà à nouveau en train de (presque) marcher sur l’eau ! L’édifice, massif, est très impressionnant. 

Au bout des 198 mètres de longueurs que compte le pont, j’aperçois l’écluse de l’Orb (PK 208). Je fais une photo et l’envoie à un ami toulousain, originaire de Béziers. 

Surprise ! Mon ami me rappelle immédiatement : il est à Béziers en ce moment même, dans sa famille, et propose de m’héberger pour la nuit ! C’est super, car j’étais un peu triste de passer la soirée seule en ville après «l’abandon» de mon couchsurfeur.

On se donne rendez-vous dans un café du port. Je rappelle vite fait l’hôtel pour annuler ma chambre (merci  à l’équipe de l’hôtel Akena pour votre compréhension !). 

En attendant, je me promène le long du port Neuf. Le bassin que longe le port a été aménagé en 1857. Je prends le temps d’admirer une bâtisse rococo qui fait face aux quais, avec son toit en tuiles jaunes et vertes et puis, au bout du bassin, la «maison batelière», ancienne maison éclusière fraîchement rénovée. 

Juste après, l’écluse de Béziers (1858), située à 208 kilomètres de Toulouse. Je décide de m’arrêter là pour aujourd’hui, et d’aller me vautrer sur la terrasse du café, bientôt rejointe par mes amis. 

Nous partons un peu plus tard dans la banlieue de Béziers, où se situe la maison familiale…

Ô joie ! Une piscine ! Des copains ! Un apéro ! Des moustiques tigres ! Des parties de rami ! La soirée se prolonge assez tard, après un festin de pizzas (de chez Gino, rue Victor Hugo, les meilleures pizzas de Béziers, paraît-il).

Bilan : de Poilhes (Le Viala) jusqu’à Béziers, 14 km le long du canal, et environ 18 km de marche dans la journée

Pour briller en société (et gagner des camemberts au Trivial Pursuit) 

Les plus attentifs d’entre vous auront remarqué qu’il a été plusieurs fois fait mention de bornes dominiales en basalte ces derniers temps. Mais d’où provient cette pierre volcanique de couleur noire ? Très probablement des volcans de la basse vallée l’Hérault ! Au nord de Agde, entre Bessan et Saint Thibery, se trouvent les monts Ramus. Rien à voir avec les volcans d’Auvergne : les monts Ramus sont bien plus jeunes (un peu plus de 680 000 ans), et ils culminent péniblement à 88 mètres au-dessus du niveau de la mer. D’autres carrières de basalte existent (ou ont existé) également plus au nord, dans le Lodévois et le Larzac.

Prochaine étape

Étape 10 : de Béziers à Agde

 

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